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12.06.2008
La mort n'est certainement pas mon métier
Pour cette deuxième note, je ne voudrais pas trop disserter sur la métaphysique mais, les dates s'y pretant, je ressens le besoin de parler de la mort. Il est bien sûr hors de question de tomber dans le pathos ou dans les clichés qu'on entend à longueur de journée. Ce qui m'intéresse ici c'est la façon dont l'art est nourri par ce thème.
Dans un registre léger donc, la série Dead like me présente une façon vraiment très intéressante d'aborder le thème de la mort. Dans la veine de son prédécesseur, Six feet under, cette série aborde la vie de personnages dont le "travail" est lié à la mort.
Pour résumer rapidement l'intrigue, on peut dire que Dead like me met en scène la vie, enfin plutôt l'après-vie de Georgia Lass, dite George, une jeune femme de 18 ans qui est morte, écrasée par la chute de la lunette des toilettes de la station MIR. Elle devient alors membre du groupe des « faucheurs d'âme » (Grim reapers). Morte sans vraiment l'être, elle a maintenant pour mission de recueillir l'âme des humains au moment de leur mort. On voit ainsi comment George tente de se faire à sa nouvelle "vie" et au travail qu'elle doit accomplir avec ses collègues mais aussi, comment sa famille complètement perdue tente de surmonter son décès.
L'intérêt principal de la série réside dans son humour complètement décalé qui touche en premier lieu les circonstances de la mort de l'héroine. Dead like me prouve que l'on peut traiter d'un thème grave avec une certaine distance comique mais sans tomber dans un cynisme totalement grinçant. Le meilleur exemple de ce décalage et de cette certaine légéreté qui font sourire, reste le générique de début qui est pour moi certainement l'un des meilleurs génériques de série.
Je terminerai sur une note plus littérataire mais aussi plus sombre. Ce poème ne me quitte pas, surtout en ce moment et il semble approprié pour évoquer la fin d'une vie et les adieux qu'elle entraîne bien souvent. Je vous laisse sur ces quelques vers très célèbres, extraits de Siramour de Robert Desnos.
Tu diras au revoir pour moi à la petite fille du pont
à la petite fille qui chante de si jolies chansons
à mon ami de toujours que j’ai négligé
à ma première maîtresse
à ceux qui connurent celle que tu sais
à mes vrais amis et tu les reconnaîtras aisément
à mon épée de verre
à ma sirène de cire
à mes monstres à mon lit
quant à toi que j’aime plus que tout au monde
je ne te dis pas encore au revoir
je te reverrai
Mais j’ai peur de n’avoir plus longtemps à te voir.
Robert Desnos, extrait de Siramour, Fortunes, 1942.
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